Le 29 Juillet 2008 nous avons pris l’avion à Paris et mis le cap sur Bombay. Après avoir passé la journée et la nuit dans cette ville, nous avons pris le train en direction de Bangalore. 24 heures de trajet plus tard, notre groupe est réceptionné par le Père Joseph. Il nous a emmené à Kamagere au sein de son école « Magaret’s Presidential Girls High School ». C’est ici qu’en grande parti nous avons été hébergé durant notre voyage.
L’école se trouve dans l’état du Karnataka qui est situé dans le sud-ouest de la péninsule. Il s’étend sur 192 000 kilomètres carrés ce qui représente plus du tiers de la superficie de la France. L’état de Mysore avait subsisté sous la domination britannique et fut conservé et étendu pour regrouper toutes les populations parlant le kannada. Le Karnataka est une région très verte avec des paysages de forêts, et des réserves naturelles où la faune est préservée.
C'est à Kamagere, petit village isolé, en zone rurale, à 3h au sud de Mysore que nous avons passé un mois. Kamagere se situe prés de Kollegal, le village est proche de la frontière avec le Tamil Nadu. Cette zone, dans les plaines, est très agricole et entourée de rizières. Le secteur de Kollegal est connu pour son industrie de la soie.
L’école compte environ 50 enfants. Elle est composée de trois bâtiments principaux et possède un internat qui n’est pas encore en fonctionnement. Le projet à long terme de cette école est de s'auto-financer d'ici dix ans. Pour atteindre ce but, l’école possède de très nombreuses plantations de bois nobles et d’arbres fruitiers. Leur consommation et leur vente va permettre à l’école de profiter de revenus réguliers et ainsi éviter d'avoir recours à des subventions publiques ou privées qui sont difficiles à obtenir sur le long terme. Ce système permet aussi d’amoindrir la participation financière des familles.
Notre projet ne visait pas à un apport matériel, mais plutôt à un échange culturel (valeurs, normes, coutumes…) entre nous et les jeunes filles de l’école. Nous avons abordé le thème de l’émancipation de la femme, un sujet que le Père Joseph a à cœur. Il s’est déjà engagé sur ce thème. Il a notamment mis en place un centre d’appel pour les femmes en difficultés, « distress call ».
Nous avons mis en place des temps de discussion formels avec les filles de l’école. Nous avons abordés différents thèmes, questions qui ont aboutit sur des échanges très intéressants et même parfois surprenants. Nous nous sommes ainsi rendu compte de différences culturelles ou bien de points communs. Elles ont par exemple mis en évidence l’habitude qu’a notre société à placer les personnes âgées dans des maisons de retraites et à débourser des sommes importantes alors que ces personnes pourraient rester chez nous et nous aider dans des tâches quotidiennes ; ce qui se pratique en Inde. Cette coutume qui nous est propre leur a paru absurde car les personnes âgées finissent leur vie chez l’ainé de leurs enfants, et s’ils n’en ont pas chez un autre membre de la famille. Ces échanges nous ont beaucoup appris sur les uns et les autres. Nous avons aussi profité de leur temps libre pour discuter de manière plus informelle.
Nous avons réalisé un roman photo nous mettant en scène dans notre vie quotidienne. Nous leur avons montré afin de susciter leur curiosité, interrogation, surprise et d’en discuter. A travers leurs témoignages et leurs remarques nous avons pu également remettre en question notre condition de femme occidentale et y réfléchir ensemble.
Durant ce mois en Inde, nous avons passé nos semaines dans l’enceinte de l’école. Nous avons pu découvrir le système scolaire indien, le fonctionnement spécifique de cette école, nous avons pu faire connaissance de l’équipe enseignante, des élèves. L’école étant fermé les week-ends, nous allions les passer dans la ville de Mysore où se situe la paroisse du Père Joseph. Nous avons donc pu découvrir cette ville avec ces ricksaws (pousses-pousses motorisés), aller sur les marchés, visiter le palais royal, le temple de Chamundi...
Nous avons consacré notre dernière semaine en Inde au tourisme. Nous sommes allés visiter la cité de Hampi ancienne capitale du royaume de Vijayanâgara. Hampi était et est très active religieusement. On y trouve de très nombreux temples bouddhistes comme celui de Virupaksha. Nous nous sommes ensuite rendus en bus à Badami. C’est un charmant village situé au bord d’une montagne de grès rouge où se trouvent des grottes. Ces grottes sont des temples troglodytes, creusés dans la montagne. Ils sont dédiés à différentes divinités dont l’effigie est sculptée dans la pierre. Notre dernière étape avant Bombay et l’aéroport était Goa. Cette fois-ci aussi nous y sommes allés en bus. Le voyage fut long et riche en rebondissements. Les bus sont très vieux et leurs amortisseurs n’amortissent plus les trous des routes. Goa fut comme un retour à la ville, capitale de l’état de Goa situé sur les bords de la mer d’Oman. Nous avons visité les églises datant de la colonisation portugaises et effectué nos derniers achats souvenirs. Fatigués par ce voyage qui s’achève, nous avons profité des renommées plages de Goa.
Nous avons pris un dernier train pour nous rendre à Bombay où nous avons trouvé un hôtel proche de l’aéroport. Nous nous sommes envolés vers la France le 25 août.