Samedi 28 Janvier
Tension à la veille du départ : la neige qui tombe sur Rennes va rendre plus difficile le voyage vers Paris et fait craindre des perturbations à l'aéroport. Nos deux voyageurs décident de prendre un train ce jour pour être certains d'embarquer. A 20h05, voie 7, voiture 6, ils quittent Rennes plus tôt que prévu.
Dimanche 29 Janvier
Pas de problème finalement avec l'avion ! Ouf !
Départ 18h vers Londres, pour la correspondance vers New Dehli où ils arrivent 8h plus tard. Ils débarquent tôt dans la matinée avec tous leurs bagages et trouvent un hôtel pour passer leur première nuit indienne.
Lundi 30 Janvier
Nous sommes arrives sur Dehli ce matin ou nos premiers (re)pas se font sur le sol. Puis nous nous dirigeons vers le centre en taxi pour trouver un hotel (petite parenthese pour donner un conseil amical aux futurs voyageurs du sous continent : ne vous faites pas embarquer par le premier taxi venu sans savoir ou vous irez, sinon vous finirez dans une agence de voyages qui essaiera de vous vendre monts et merveilles, sans que meme vous ayez eu l'occasion de pouvoir ouvrir la bouche pour émettre vos souhaits).
On descend d'ici quelques jours sur le lieu du projet en attendant on se repose et visite un peu la région et vous en faisons partager quelques moments.
L'après-midi découverte de Dehli en taxi avec toute la circulation automobile qui est caractéristique de l'Inde : serrés à 10 voitures sur 4 files, collés à toutes sortes d'engins à moteur comme le camion, la voiture, le vélo, le 4*4, l'autorickshaw, la moto, le bus, le rickshaw... Tous se faufilent en parfaite harmonie au bruit du klaxon, mais sans aucun danger.
Nous découvrons de grands monuments de Dehli comme la "Gate of India" qui est dédiée à tous les indiens morts pour l'Inde. Elle ressemble architecturalement à l'Arc de Triomphe de Paris. Sur la même Avenue, à l'ouest, se trouve le Palais Présidentiel. A ses cotés, le Ministère des Finances et un autre Ministère. Enfin, on peut voir près de cette meme avenue, le Parlement situé au nord. Seule la "Gate of India" est ouverte au public et est très fréquentée par les indiens.
Nous découvrons également le "Old Dehli" par la mosquée "Jama Masjid", qui peut être visitée par les touristes en dehors des heures de prières. Cette mosquée est la plus grande d'Inde ! Ce batiment très imposant est juxtaposé à une place appellée "Red Fort".
On a eu l'occasion également de se balader dans le quartier musulman qui se trouve juste à coté de la mosquée. Il est très vivant avec sa multitude de magasins et marchands ambulants dans la rue, on y trouve de tout : du poisson, des poussins et poulets vivants, également beaucoup de restaurants, de magasins, de bric a brac - allumettes, savons, ciseaux... Le quartier est bondé. On marche au coude a coude, mais dans une bonne atmosphère. On a en revanche remarqué l'absence de femmes.
Mardi 31 Janvier
Nous avons pris un rickshaw, on lui a demande ou nous pouvions manger, nous cherchions un petit endroit sympathique et tout bien comme il faut mais pas pour touriste, un resto de quartier ou tous les indiens peuvent y manger. Elen a pris un thali, moi un riz simple, c’etait delicieux. Puis on a demande au conducteur de nous conduire a la gare ferroviaire, afin d’acheter nos tickets de train pour Madras mais au lieu de cela il nous a trimbale d’agences en agences touristiques, il est dur de faire comprendre que nous voulons prendre nous memes nos tickets de train. Apres avoir fait le tour de la ville, on est rentre se reposer un peu et on est reparti a la charge en prenant un autre rickshaw, qui parlait a peine anglais (ce sont les meilleurs , ils t’emmenent ou tu veux). Et là pareil, on s’est fait ballader de bureaux en bureaux mais a la gare cette fois, et on finit quand meme dans une agence ou on prend nos tickets car nous en avions marre de courir.
Mercredi 1 Février
Comme nous l'avions defini avec l’agence, a 7h00, un taxi est venu nous prendre a l’hotel direction Agra, qui se situe a 200kms, ou plus precisement 199 kms, au sud de Dehli, dans l’Etat de l’Uttar Pradesh. Il a fallu pres de 45 minutes pour quitter Dehli, car il y a au sud de Dehli une importante zone industrielle. Sur le chemin on s’est arrete a un temple dedie a Shiva, le temple est seulement compose de 2 statues, une d’environ 1 metre et l’autre d’une dizaine de metres de hauteur, tres impressionnant, surtout qu’il se situe au milieu de nulle de part. On continue a rouler, le chauffeur nous depose pour prendre un petit dejeuner dans un hotel 4 etoiles, ce n’est pas attendu ni recherché. Mais cela fait partie du job du chauffeur. On repart, on arrive après 3h30 de route.
Sur Agra et en arrivant sur la ville on visite des forts et surtout le Taj Mahal, il n’y a pas a dire, c’est splendide. La construction du Taj Mahal a ete achevee en 1653, commencee en 1631, plus de 20000 ouvriers se sont excéutes a la tache. C’est un mausolee dedie a la femme d’un roi de la dynastie des Moghols : la reine Mumtaz Mahal. Cette derniere est morte a la suite de son quatorzieme accouchement. Sur son lit de mort, elle fait promettre au roi Shah Jahan, son mari, trois choses : de s’occuper de leurs enfants, de ne pas se remarrier et de ne jamais oublier leur amour. Il respecta ses 2 premieres promesses et pour honorer la derniere, il fit construire ce palais. L’histoire est belle, le resutat fantastique, tout y est symetrique, des jardins aux constructions, et tout ceci erige avec les plus beaux materiaux de la region, et de l’autre bout du continent (marbre blanc, pierre semi precieuse, on en a eu plein les yeux. Plein de touristes s'y rendent mais surtout enormement d’indiens.l’entree est peu chere pour les indiens 20Rs, 750 Rs pour les touristes mais ca vaut le coup.
Ensuite nous visitons un atelier d’incrustation de pierres semi-precieuses, c’est magnifique, mais nous ne sommes pas sur que les droits du travail soient respectes pour les ouvriers, et les patrons s’en mettent plein les poches.
Le long du trajet, nous avons discute avec notre chauffeur, Saleem qui vient du Rajasthan et travail sur Delhi il parle peu anglais mais est tres sympathique . Nous le quittons a 6h00 pour aller a la gare.
Nous l’attendions depuis longtemps ce moment ou nous pourrions enfin etre dans une gare et converser avec toutes sortes de gens. La gare est le lieu ou beaucoup de differentes classes sociales se rencontrent. Nous attendons durant 4h notre train, mais prenons plaisir a manger des specialites vendues dans la gare. Il y a beaucoup de monde et de vendeurs, tous ces vendeurs sont employes par les chemins de fer indiens. Nous rencontrons un belge qui est en Inde pour faire du travail social, nous sympathisons et allons passer quelques jours ensemble.
Le train arrive, nous montons dans notre classe qui est la classe sleeper, couchette.
Jeudi 2 Février
Nous nous reveillons le matin aux cotes d’une famille, cette famille vit dans le nord mais est originaire de l’Andra Pradresh, un etat du sud. Ils sont un jeune couple avec de jeunes enfants. Ils sympathisent avec nous, surtout Florian.. Nous conversons sur des sujets diverses l’Europe et le tout nouvel Euro, d’ou nous venons , de nos familles respectives, nous prenons des photos, echangeons quelques mots d’hindi, francais, de la nourriture des sourires et rires.
Nous retrouvons la, l’accueil des indiens, comme nous l’avions connu lors de notre premier voyage en 2003. Il y des echanges, des mots des sourires et de la confiance.
Ce que nous n’avions pas trouve jusqu’alors. Bref nous passons de tres agreables moments, de plus nous traversons de fantastiques paysages.
Florian ajoute que c’est peut etre la premiere fois depuis le debut du voyage que nous nous sentons en confiance avec des gens et ca rassure.
Vendredi 3 Février
Nous arrivons sur Chennai (madras) le matin, Mickael est la pour nous accueillir ca fait du bien de voir quelqu'un qu'on connait. Mickael, pour ceux qui ne le connaisse pas, est un indien venu en France (a Rennes) a deux occasions, car il est le representant des Jeunes Chretiens (JOC) en Inde. Mickael nous accueille donc tres sympathiquement. Il nous trouve un hotel pas cher car il ne peut pas nous loger chez lui. Victor, le belge nous accompagne et restera avec nous quleques jours.
Relax le matin, apres 35 heures de trajet on a besoin de se detendre un peu.
Le midi nous mangeons un riz byriani en compagnie de Mickael, après le repas nous l'accompagnons a son travail. Nous allons le retrouver apres une courte excursion dans Madras, ou nous profitons de visiter la haute cour de justice. C'est un ensemble de batiments magnifiques, la construction a ete ordonnee au millieu du 19e siecle par les anglais et realisée par les indiens. Le site est tres grand, les constructions en briques rouges avec des bulbes en guise de toits. Il y a differents tribunaux, un pour les gandes causes, un pour les affaires eco, les petites affaires.... Tout le monde y est mele:des avocates en robes, aux grands-peres en dhoti. C'est sympa, on visite le musee de la cour et sympathisons avec le gardien.
Nous retrouvons ensuite Mickael et nous nous dirigeons vers la plage et la cathedrale Sant Home au sud de la ville, mais de nombreux mariages ne nous permettent pas de rester. Nous nous dirigeons ensuite vers la plage, ou beaucoup de monde s'y trouve : vendeurs de toute sortes et des gens venus simplement se balader, il y a la encore un melange de beaucoup de classes sociales. C'est la 2eme plus grande plage du monde.
Il nous parle du Tsunami, la vague a balaye la plage,emportant quelques milliers de personnes selon lui , principalement des enfants venus jouer au cricket. Nous parlons un peu des projets de chacun, notamment notre projet sur Mulli et ceux de Mickael.
Il nous parle de la condition des Dhalits (intouchables), notamment dans les villages et des femmes qui sont obliger de se prostituer pour pouvoir survivre. Il a des idees pour les aider. Mickael est particulierement attache a ce projet car il est lui meme Dhalit et a reussi a s'en sortir.
Nous retournons a l'hotel en marchant car Mickael doit rentrer, sa famille l'attend.
Il est bon de se trouver avec quelqu'un qu'on connait, on se sent en securite, confiance alors que ce n'etait pas le cas au debut. Nous commencons a sourire. Nous avons passer une tres agreable journee avec des decouvertes du pays et eu des discussions fortes interressantes avec Mickael.
Samedi 4 Février
Mickael est venu nous chercher a l'hotel pour visiter la ville. Nous avons pu entrer dans un des plus grands temples hindous de Madras. Il y a un mur qui le defini, dans l'enceinte du temple, de multiples batiments dedies a differentes divinites. Le calme et la serenite y regnent malgre une importante frequentation de personnes venues prier, de touristes et malgre le bruit general de la ville.
Ensuite nous sommes alles au memorial de Thiruvalluvar, ce poete est important pour Madras, il y a ecrit un recueil de poemes à idees philosophiques. Un imposant batiment lui est dedie, le 2eme plus important auditorium d'Asie, plus de 4000 personnes peuvent y rentrer. Au bout du batiment se trouve un important char, avec une statue a son effigie (voir photos). Nous avons mange dans le jardin du memorial, lieu de rencontres amoureuses et de travail pour les etudiants.
Ensuite nous sommes allés au musee de Madras, nous avons pu decouvrir un musee des beaux-arts et des technologies, puis un autre batiment renfermant des sculptures archeologiques, certaines vieilles de plus de 1000ans, nous avons eu egalemement une partie dediee a la zoologie. Par contre toujours la meme remarque : les tarifs sont peu eleves pour les indiens mais tres importants pour les etrangers ( coeff 12).
Nous avons la chance de prendre les transports en commun pour nos deplacements et de retrouver l'atmosphere. On y est tous entasses, les gens montent meme si il n'y a plus de place, les portes sont ouvertes quand il y en a. Les femmes d'un cote, les hommes de l'autre, c'est la regle de nombreuses personnes sont debouts (3/4 des passagers et se tiennent grace aux barres fixees au plafond). Le controleur se trouve a un bout du bus, mais il ne peut bouger, alors les gens lui passent l'argent et les tickets passent dans l'autre sens. Tout se passe dans la bonne humeur.
Nous laissons Mickael qui doit rejoindre sa famille et nous faisons un tour avant d'aller manger, dans les rues principales puis dans les ruelles. Là, nous rencontrons un groupe d'enfants jouant au carrom (billard indien) et leur famille. la rencontre s'est faite spontanement, et nous avons ete invites a jouer au carrom avec eux. Nous ne parlions pas le meme language, mais la communication est passee par des rires, sourires, jeux et photos (voir galerie). Le moment a ete tres simple et tres convivial, seulement pour trouver cette atmosphere il ne faut pas rester dans les grandes avenues.
Dimanche 5 Février
Victor, le belge que nous avons rencontre dans la gare d Agra, nous quitte pour continuer sa route, nous avons passe de bons moments avec lui.
Nous nous rendons ensuite chez Mickael avec un conducteur de rickshow qui est son voisin. Sa maison se trouve a une heure du centre de Madras, il habite dans un quartier calme. Là-bas nous faisons la connaissance de sa femme, et de ses enfants ainsi que de son pere. Nous discutons avec ses enfants qui ont un tres bon anglais, sa fille Ruby, 19 ans, fait des etudes scientifiques (physique), son fils, Franklin, 18 ans, fait des etudes d'ingenieur informatique et son dernier Kevin, 13 ans est a l'equivalent de notre college chez nous.
Nous sommes tres bien accuellis. Il loue le rez de chaussee d'une maison (excuse moi, Danielle), ils vivent dans 2 chambres, une cuisine, et une grande piece commune.
Sa femme, sa fille et lui preparent le repas, nous n'avons le droit que de jeter un coup d'oeil. Nous mangeons ensemble du poisson (requin), du poulet masala, du riz aux legumes et toutes sortes de plats aux saveurs epicees, un vrai regal.
Nous jouons au carrom avec Kevin, ce jeu, il est vraiment genial, je vous previens procurez vous en un, entrainez vous on arrive, et la on est entraine par les meilleurs du monde, faites gaffe a vos fesses.
L'apres midi, nous rendons visite a des amis de Mickael et sa femme, qui se situent dans des nouvelles zones de constructions. Les indiens de revenus moderes profitent de ces endroits peu chers pour construire leur maison(voir photos galerie)
Le soir nous rentrons et passons un moment calme et a preparer les nouvelles du site.
Lundi 6 Février
Ce matin départ Pondicherry.
Levé de bonne heure (4h30), dur dur, pour se préparer à partir à la gare routière qui est loin de chez Mickael.
Nous avons dormi chez lui la nuit dernière, Il nous accompagne afin de nous aider à nous repérer.
Nous y arrivons, prenons le bus, et nous nous trompons premièrement, à peine installés dans le bus qu'il faut déjà en rechanger. puis nous remercions très rapidement Mickael pour toute son aide. Nous nous installons inconfortablement et harrassés par la fatigue je ne résiste pas à m'endormir. Florian me dit plus tard que nous avons longé la côte et que le paysage était beau.
Lorsque nous arrivons sur Pondicherry, nous prenons un bus pour aller vers le centre, c'est un peu galère car il n'y a pas de bus pour nous rendre là où nous voulons. Alors nous décidons de prendre le bus qui va à la plage, après avoir loupé plusieurs arrêts, nous descendons. Et là nous marchons sur le bord de mer et là on se fait aborder par un homme à vélo. Il nous raconte qu'il est originaire de Lorient et qu'il nous a abordé parce qu'il a reconnu le drapeau breton que je porte sur mes sacs (y'en a qui se moquaient de moi avec mes drapeaux, mais vous voyez, c'est utile). Nous discutons et il nous dirige vers l'église Notre Dame des Anges, là où nous voulons rencontrer le père Jacques Dussaigne. Il est occupé à préparer des mariages, mais nous indique un endroit où on peut trouver un hôtel et nous invite à revenir le mercredi matin.
Nous le laissons et nous nous dirigeons vers l'hôtel avec tout notre bazar sur le dos
Après un cours repos, nous partons en quête d'une méthode pour apprendre le Tamoul, nous nous dirigeons vers la librairie française du centre mais elle se trouve fermée. Après avoir regardé un plan de Pondicherry nous nous apercevons que nous nous trouvons juste à côté de l'Alliance française, cet organisme propose des cours de francais et propage la culture française à travers le monde. Les locaux sont situés dans le vieux Pondicherry, qui est une partie de la ville très riche. Il y a une exposition à l'intérieur, nous en profitons pour jeter un oeil et se renseigner sur le Volontariat une association à but humanitaire, où nous devons nous rendre pour trouver quelqu'un connu de cette asso.
Nous nous y rendons à pied, tranquillement afin de découvrir la ville. Nous la trouvons après quelques difficultés car elle se trouve à la limite de la ville. Puis nous rencontrons le directeur de celle ci et lui expliquons que nous souhaitons rencontrer une famille dont le Volontariat en France soutient un des enfants à aller à l'école. Un éducateur nous accompagne pour trouver car l'adresse est compliquée à trouver.
Apres 15 min en rickshaw, nous trouvons la maison qui est située dans un quartier de pêcheurs, situé à quelques mètres de la côte. Le quartier est très pauvre, toutes les maisons ou plutôt huttes sont faites en feuilles de cocotier tressées, ici pas assez d'argent pour construire en dur. Le quartier est caché derrière un stade et bâtiment officiel. Le niveau de vie des habitants est peu élevé, beaucoup d'enfants sont dans les rues, malgré qu'à cette heure il y a école : les parents n'ont pas assez d'argent pour les envoyer.
Nous sommes reçus dans une grande hutte, habitat traditionnel, par une dame et ses 4 enfants, ici ils n'ont pas beaucoup mais le sourire aux lèvres. On est reçu a l'intérieur, où il y a l'électricité tout de même. Dès que l'on arrive elle envoie un de ses enfants chercher des jus de mangues pour nous rafraîchir.
La communication passe par interprète, la femme parle le tamoul, Florian a encore du mal, tout est de toute façon très sympathique, accueillant, cette famille a la main sur le coeur. Nous discutons un peu, prenons des photos et repartons. Ce moment a été très chaleureux et amical et nous a fait découvrir un village de pêcheurs.
Ensuite on rentre, nous vous envoyons de nos nouvelles. Notre repas du soir est composé uniquement de bananes tellement elles sont bonnes et puis on s'écroule de fatigue de bonne heure.
Mardi 7 Février
On avait convenu la veille avec le directeur de l'association de revenir le lendemain afin de visiter les locaux et que quelqu'un nous explique le fonctionnement de l'association.
Nous nous réveillons de bonne heure, après avoir récupéré de nos forces avec une bonne nuit de sommeil.
Nous nous dirigeons à pied au Volontariat situé à quelques kms de là où nous logeons. Nous découvrons au matin, Pondicherry, à peine réveillé. Dans les rues il y a beaucoup de rickshaws de gens marchant, d'écoliers en uniforme se rendant dans leur école à vélo, ou en rickshaws, des hommes arrêtes à prendre leur petit déjeuner dans des petits commerces ouverts où l'on prépare poori, massala, Chapati, sambhar, des coffees et des chais et tout ça pour quelques roupies.
Nous nous dirigeons vers l'association en longeant le canal qui est au milieu de la vieille ville, le canal est loin d'être de la plus grande propreté, des déchets y traînent, et une odeur nauséabonde en sort.
Le Volontariat se situe à la limite de la ville, il est dans un quartier pauvre, près d'un village de pécheurs et de d'autres villages (les villages sont collés à la ville). Nous traversons ce quartier par une grande route où il y a des vendeurs ambulants de nourriture, de montres, les rares magasins ne sont pas encore ouverts.
Puis nous arrivons au Volontariat qui a de beaux bâtiments, une belle coure intérieure.
Là, nous rencontrons un travailleur social qui nous fait visiter cette structure qui a été créé il y a plus de 40 ans. L'association est bien structurée et est régie par un C.A., et le comité exécutif est formé de travailleurs sociaux.
Cette structure rémunère 225 personnes à travers diverses activités : un atelier de tissage permet à des lépreux guéris, des femmes handicapées ou bien abandonnées par leur mari de travailler et de gagner le salaire très correct de 3500 roupies par mois. L'asso rémunère aussi des encadrants pour des écoles, un médecin, une infirmière, des éducateurs de rues.....
Ils ont différents programmes comme une crèche, école du soir, des apprentissages. Le Volontariat à travers le parrainage offre à 1291 enfants un suivi scolaire. Ils ont un docteur qui consulte les enfants et personnes agées et fait du planning familial.
On se balade dans les différentes structures, très organisées et on apprend beaucoup.
L'association a une branche sur Rennes, contactez nous si vous êtes intéressés, nous vous ferons suivre leurs coordonnées.
Nous discutons ensuite avec les bénévoles français de asso qui se sont déplacés pour une A.G et pour se rendre compte de ce qui se passe sur place. Ils nous font part de leur vécu associatif, ils sont dans l'asso depuis quelques années et nous disent qu'une grosse structure comme celle-ci demande beaucoup d'effort pour la gérer, une grosse organisation mais que le résultat y est très intéressant.
Ensuite longue sieste pour nous de retour à l'hôtel.
Puis nous repartons pour vous donner de nos nouvelles. Les bananes sont si bonnes, vendues par le marchand du coin de la rue que nous ne résistons pas à leur appel et nous en remplissons encore la panse, le soir.
Mercredi 8 Février
Nous repartons aujourd'hui pour Chennai afin de prendre un train pour Coimbatore.
Le matin nous prenons un petit dej rapide dans une échoppe qui fait de la nourriture rapide et des chais et coffees. C'est rapide, simple et délicieux, les gens travaillant dans le quartier peuvent s'offrir un petit dej pour très peu cher au milieu de leur matinée avant de repartir aux diverses occupations, les gens passent 5 min et mangent dans des assiettes en carton.
Puis nous nous dirigeons vers l'église Notre Dames des Anges pour voir le pere Dussaigne, une connaissance à Christophe le prêtre de St Benoit St jo, afin de discuter. Il nous invite à déjeuner (chinois), et nous découvrons là un sacré bonhomme qui a passé la plupart de sa vie sur le sous continent. Le père, un MEP agé de 82 ans a encore toute son énergie et nous accueille chaleureusement
Puis nous nous dirigeons vers la gare routière, nous avons décidé de marcher les quelques kilomètres qui nous en séparent.
Nous trouvons notre bus avec l'aide de gens et repartons vers Chennai par la côte.
Cette fois j'ai la chance d'admirer le paysage côtier et la campagne. le sol est partagé entre rizières, marais, plantations de cocotiers, bananiers, villages, marais salants...
Sur Chennai nous retrouvons Mickael, notre ami qui nous a arrangé et pris nos tickets de trains. Ils nous a beaucoup aidé nous lui devons beaucoup.
Nous partons dans le train de nuit vers coimbatore. Nous n'avons pas de couchette car nous n'avons pas réservé nos places assez tôt, , mais le contrôleur va nous aider et si une place n'est pas occupée nous pourrons nous y installer. Vers 10h30 le contrôleur a trouvé une place pour chacun de nous mais elles sont séparées. J'ai de la chance de me trouver à côté d'une famille avec qui je sympathise, surtout la mère qui connaît Mulli car elle a travaillé dans les environs en tant qu'ingénieur, et sa fille qui rêve de voyager et de devenir vétérinaire.
C'est encore dans les trains que nous arrivons à sympathiser avec les gens et passons d'agréables moments.
Jeudi 9 Février
Après une courte nuit nous arrivons sur Coimbatore au petit matin. A 4h45, où tout est encore endormi et ensuite nous nous dirigeons vers la gare routière dans laquelle nous attendons un bus pour Mulli et les environs, qui va passer à 7h30. La gare routière est composée d'une quarantaine d'emplacements pour bus. La circulation à l'intérieur de celle ci est importante malgré l'heure matinale ; le nombre de bus qui partent vers Ooty et Metupalayam, 2 grosses villes avoisinantes, est très important, il y a un départ tous les 15 min pour ces villes.
Nous nous restaurons de bananes vendues par des marchands ambulants situés dans la gare et puis notre bus arrive, on n'a pas intérêt de le louper car il n'y en a que 4 par jour pour les environs.....
Nous partons et redécouvrons une route déjà parcourue, il y a quelques 2 ans et demi lors de notre premier voyage en Inde.
Le bus que nous avons pris n'est plus de première jeunesse, on entend le moteur ronfler et les vitesses craquer. Le chauffeur arrive très bien à négocier les virages en épingle à cheveux de la route étroite et pleine de nids de poule qui mène vers les Nilgiri Hills.
"Retour au bercail" s'exclame Florian, lorsque nous arrivons à quelques kilomètres du village de Mulli. Nous avions emprunté cette route (la seule directe entre Coimbatore et le village) un petit nombre de fois lorsque nous sommes venus aider à réaliser une maison pour une vieille femme, lors de notre premier chantier sur Sirukinaru.
Les sentiments ressentis lors du trajet entre coimbatore et Mulli sont étranges, entre peur et joie de retourner sur les lieux de notre premier séjour, pleins de souvenirs s'entrechocs. On commence à remonter le chemin lorsque nous arrivons au pied de la montagne et là on essaye d'imaginer comment le virage suivant sera d'après nos souvenirs.
En passant devant Athikadavu Post office (endroit de bifurcation de la route principale vers le village de Sirukinaru), on se dit que l'on reviendra sur Sirukinaru et on s'interroge sur l'évolution du village après août 2003. Nous arrivons sur Mulli, où le bus s'arrête, on descend les bagages et à peine sont ils déchargés, un homme les prend et se dirige d'un pas rapide vers le village, on se presse de le suivre et on aperçoit une tête connue qui vient à notre rencontre, c'est Mary, la soeur qui nous avait accueillis il y a 2 ans et demi et avec qui nous avons préparé les projets cette année.
Puis on s'installe à la fin de la journée et Florian monte une machine à coudre qui sert dans un projet avec des femmes du village. Le montage est assez simple et permet à Florian d'exercer ses facultés manuelles dessus et en même temps de filer un petit coup de main. Tout le monde en est content.
Vendredi 10 Février
Après notre réveil, on prend notre petit déjeuner et on passe la journée tranquille à se reposer et faire un peu de lavage (une semaine et demi de linge sale s'accumule).
Cela fait du bien de se sentir dans un lieu que l'on connaît et avec des gens en qui on a confiance, comme avec Mickael. Avec toutes nos péripéties ça va être la première fois que nous restons plus de 2 nuits d'affilées dans le même endroit. On passe la journée tranquillement entre boire des thés et se reposer.
Pour l'instant on a pas eu de nouvelles des projets. On a entendu vaguement parler de couture, comme dans les lettres précédemment échangées, mais pas plus. Après, cela ne fait que 2 jours que nous sommes là et il faut du temps pour se mettre dans le bain et s'y intégrer
On attend avec impatience le coup de fil de l'asso Vanamaste India qui doit nous appeler le soir pour avoir des nouvelles.
Samedi 11 Février
Réveil de bonne heure à 6h30 pour se préparer pour le petit déjeuner de 7h30.
La matinée se passe calmement, on prend le thé à 10h00, c'est comme ça que se passent les journées, on mange a peu près toutes les 3h00.
Puis on demande à Geetha, si on ne peut pas être utile, Geetha est la cuisinière de l'endroit où nous logeons, qui est un couvent. Elle nous répond que non.
Alors on décide de se cultiver en lisant le journal, on se cantonne à l'anglais car on ne comprend pas l'autre journal qui est en Malealam. On ne comprend même pas l'alphabet de ce langage. En effet, ici, on est à la frontière du Tamil Nadu et du Kerala et les gens parlent Tamoul et Malealam, la langue parlée au Kerala, ceux qui ont été assez loin à l'école parlent l'anglais.
Geetha accompagnée d'un homme nous fait signe de le suivre. Il nous emmène dans le jardin du couvent. L'homme s'appelle Ravi, nous ne parlons pas le même langage mais il nous explique des choses sur son travail et nous nous comprenons par le langage corporel.
On découvre l'endroit dont il s'occupe. C'est très bien entretenu, il y a une parcelle de Ladies Fingers, une autre de tomates, une de capucines, il y a aussi des cocotiers et des tamarins. Des champs sont en contre-bas d'une petite maison qui est réservée à stocker du matériel pour le travail des champs. Il nous montre soigneusement tous les produits qu'il cultive. On a même le droit à une petite orange d'un oranger situé à la sortie de la propriété. Ensuite Ravi va chercher des noix de cocos, il grimpe à l'arbre grâce à une ficelle qu'il se passe autour des pieds, puis d'une agilité de funambule il atteint le haut de l'arbre de près de 15 mètres de hauteur en quelques secondes, et sélectionne les meilleurs noix. Nous nous rafraîchissons de leurs jus en compagnie de Ravi et ses enfants.
Ensuite, nous nous dirigeons vers la rivière, un endroit que nous avions visité il y a deux ans et demi et que nous reconnaissons par un arbre géant mort. Comme nous sommes en février la saison des pluies n'étant pas très éloignée, il y a encore pas mal d'eau dans la rivière et les habitants du village viennent s'y laver.
Dimanche 12 Février
On a la chance de revenir sur Sirukinaru, l'émotion est forte lorsque nous arrivons sur Attikadavu Poste Office car les souvenirs remontent à la surface. Nous sommes tout proche de Sirukinaru, nous passons devant mais ne nous arrêtons pas, nous reviendrons plus tard car nous allons visiter Thondai, un village avec les mêmes conditions de vie, situé 4 kms plus loin. Là, nous découvrons un petit village, qui n'est pas très développé, on y fait la connaissance d'une partie des habitants. La soeur Mary distribue des prescriptions de médicaments car les enfants et adultes souffrent de problèmes de vers intestinaux et de dysenterie, dus à la mauvaise qualité de l'eau et à l'hygiène de vie. Thondai est composé de 11 maisons pour une quarantaine d'habitants. Le village se situe juste à côté d'une retenue d'eau, il est difficile d'accès ; les hommes, pour faire vivre la famille, font des travaux journaliers et les femmes s'occupent des enfants et des troupeaux de vaches et de chèvres.
Il y a tout de même 4 bananiers, 1 cocotier et quelques tamarins qui apportent des revenus et de la nourriture supplémentaire mais le service des eaux et forêts qui gère la région et le terrain sur lequel se situe le village, les oblige à leur vendre le Tamarin à prix réduit, ils font également payer une location du terrain.
Quelques enfants, on ne sait pas le nombre, vont à l'école de l'autre côté de la retenue d'eau.
Ensuite nous sommes repartis de Thondai en jeep et avons effectué, les 4 kms qui séparent les deux villages. La route était très abimée et plus de 15 mn ont été nécessaires pour couvrir la distance. En arrivant sur Sirukinaru nous découvrons que le chemin de terre qui menait, il y a 2 ans et demi, au village a été aménagé et qu'une voiture peut maintenant y passer.
En avançant dans le village, nous voyons que toutes les maisons commencées il y 2 ans et demi sont finies et habitées. Elles sont au total 15, les murs sont tous recouverts de ciment et ont tenu les 2 dernières moussons.
Nous rencontrons les villageois, nous sommes contents de revoir les enfants qui ont poussés.
Nous leur avons apporté des photos, au chef du village, à la veuve qui habite maintenant la maison et aux enfants. Quel accueil chaleureux nous a été réservé, tous regardent les photos, en parlent, en rigolent.
Les enfants vont garder précieusement ce souvenir, il n'est pas fréquent pour eux de voir des photos et d'en posséder.
Ensuite Mary distribue des médicaments. Florian en profite pour saluer le chef du village, ils essayent de discuter mais sans compréhension ; après une petite traduction, le chef du village nous demande de lui apporter un appareil photo numérique, mais ce ne sera pas possible.
Pendant que Mary finit de distribuer les médicaments, nous en profitons pour faire le tour du village. Ils ont installé des barricades autour des champs. Un est réservé aux bêtes et l'autre à la culture, mais nous ne savons pas de quoi. Nous descendons vers la rivière, le chemin pour y accéder est également protégé par des barricades, nous passons près d'une pompe à eau manuelle. A côté de la rivière, on redécouvre leur petit temple dédié à Shiva et puis sur le bord il y a des bancs de sable et des gros rochers, l'endroit a changé mais nous le reconnaissons, nous avons tout de même l'impression que l'eau y est moins abondante.
De retour au village, Mary discute avec les femmes autour du "caillou" , place centrale et leur distribue des carnets destinés à expliquer comment économiser de l'argent. Pour que tout le monde comprenne, Nandini, une jeune fille du village, lit pour tous.
Cette jeune fille va à l'école et est très intéressée pour étudier.
Puis nous repartons, les femmes et les enfants nous ont accompagnés à la voiture.
Ca fait bizarre et c'est agréable de tout revoir, les gens et les lieux ainsi que l'évolution du village.
Les habitants ont la volonté d'améliorer leur condition de vie et sont tous solidaires afin d'y parvenir.
Lundi 13 Février
Après nous être reposés quelques jours, nous avons pris contact avc les villageois et commencé à participer à la vie active de l'endroit ou nous logeons. Nous sommes allés sur Mulli pour rendre visite aux gens, avec Mary ou bien avec Minelle. Elles sont très bien accueillies par la population à qui elles le rendent bien. Nous, ça nous permet de découvrir comment vivent les villageois. Ils nous invitent à notre passage à nous arrêter pour un thé. Et nous voyons comment dans leur piece souvent unique, ils vivent, dorment, préparent à manger, et nous montrent leurs trésors, qui peuvent être un poster, des casseroles, une télé, des reliques hindous...... Les gens ne possèdent pas beaucoup, pour la plupart, ils effectuent des travaux journaliers, de construction, quelques-uns uns tiennent les échoppes du village, d'autres s'occupent des troupeaux, certains restent à la maison, certains travaillent au barrage ou en tant que garde forestier. Ces visites sont intéressantes.
Après une réunion avec Soeur Mary, qui met en place des projets et aide au développement des villages avoisinants, des idées ont été émises, en voici les grosses lignes.
Afin de se faire des sous en extra, une activité savon a été lancée et huit femmes y participent. Elles peuvent réaliser vingt savons par journée, qui mettent deux jours pour durcir. Le savon est réalisé à l'aide d'un kit qu'elles achètent, et simplement en ajoutant de l'huile de coco. Elles en vendent ensuite à leur entourage et aux habitants du village, 10 roupies piece, ce qui leur fait un bénéfice de 5 roupies par savon.
Nous suivons l'activité savon qui marche bien et Florian aide à la réalisation des emballages.
Une autre activité est lancée depuis juin 2005, elle se tourne autour de la couture et vise à l'apprendre aux femmes afin qu'elles puissent réparer leurs vêtements, en faire de nouveau à partir de tissus bruts, et éventuellement trouver du travail dans la region. Pour cela il y a 4 machines manuelles type singer à pédale de nos grands-mères ou mères. Les machines sont installées dans un local du couvent et les personnes intéressées peuvent y aller du lundi au vendredi de 10h à 12h. Un cahier type de progression des cours a été réalisé (en Tamil) et peut être consulté. Actuellement, il y a 3 personnes, 1 femme et deux jeunes qui s'y rendent presque tous les jours, elles réalisent en ce moment des blouses de Churidar et sont presque arrivées à la fin du programme d'enseignement. Au total, 15 personnes ont déjà participé à l'atelier et 3 auraient trouvé un travail dans le secteur.
Nous avons lancé une idée qui est partie, l'atelier de couture a bien marché sur Mulli, le but serait de toucher les villages de Sirukinaru et Thondai qui sont plus défavorisés. Pour cela, on suivrait le progamme de couture déjà mis en place sur Mulli, mais comme on ne peut pas transporter les machines là-bas, on a décidé de faire l'apprentissage à la main.
Une autre idée est d'enseigner l'ordinateur aux adultes qui le veulent afin de pouvoir trouver un travail plus facilement, Florian devrait réaliser une notice explicative en anglais qui serait ensuite traduite en Tamil et/ou Malayalam.
L'idée d'aider à réaliser un chemin sur Thondai qui le relierait à la route, est partie et des discussions sont à mener car les villageois ne sont pas d'accord entre eux sur le tracé et la réalisation du chemin.
Une idée de lancer un atelier de réalisation d'objets en bois a été abordée et est en cours de réflexion.
Nous avons participé à quelques-unes des activités, nous nous sommes perfectionnés en couture, nous avons lancé l'atelier de couture sur Thondai et Sirukinaru
Mercredi 15 Février
Nous décidons d'aller sur Coimbatore afin de nous renseigner sur le prix d'outils à bois pour lancer l'activité bois pour les hommes et régler quelques petites affaires......
Mais Hélas, Elen tombe hors d'usage pour une semaine, les batteries ont surchauffé avec la chaleur de Coimbatore qui avoisine les 35 degrés. Nous devons annuler le programme de notre journée. Puis retour sur Mulli.
Jeudi 16 Février
Florian rend visite aux villageois, réalise des savons et montre des techniques d'emballages.
Vendredi 17 Février
Un groupe de personnes appartenant à des tribus différentes, vient sur Mulli afin de rencontrer d'autres gens appartenant aux tribus. Le projet est organisé par 4 O.N.G du Kerala et a pour but de permettre à des tribaux de découvrir qu'il y a des jeunes comme eux ailleurs, de voir et de comparer leur vie, leurs progrès. Tout ceci se passe dans une ambiance festive. En effet, un groupe d'une trentaine de jeunes issus de tribus, encadrés de 7 travailleurs sociaux ont voyagé et visité différents villages tribaux du kerala pendant 5 jours et ont échangé notamment par la fête, la danse et la musique.
Dans un car, ils sont allés au village de Mulli le Haut qui est situé à environ 4 Kms de Mulli le Bas. L'ambiance y est très chaleureuse, les danses profusent, tout le village est venu assister à la fête qui est tellement sympathique qu'au lieu de durer 30 mn, elle dure 1h30 à 2h. Lorsque nous revenons sur Mulli le Bas il est déjà tard et le programme qui était prévu, c'est-à-dire les festivités sur Mulli le Bas est annulé à cause de l'heure tardive.
La nuit fut longue pour moi (Florian) car même si j'ai mangé un bon petit repas avec Elen, ensuite après l'avoir "bordée", je suis allé assister au débriefing de la journée du groupe...Je n'ai rien compris, c'était en malayalam. Ensuite, tout le monde était censé se coucher, mais tellement qu'ils étaient pris par les chants et les danses qu'ils continuèrent dans les chambres jusqu'à une certaine heure...
Il faut savoir que les indiens se lèvent super tôt, mais là, à 5h30, se faire réveiller par des chants et des percussions indiennes... merci du cadeau. Ils nous quittèrent en nous laissant joie et gaieté.
Mercredi 22 Février
Vers 10 h, nous sommes partis avec soeur Minnelle à l'école du village de Mulli. Sur le chemin menant à l'école, situé entre les deux Mulli. Nous avons rencontré diverses personnes se rendant aux villages, certains transportant des choses sur leur tête, une famille, on a croisé aussi un garde forestier.
L'école se situe en contre bas de la route, près de la rivière. Il y a plusieurs bâtiments, un est composé de 4 classes, un dortoir, une cantine et un bâtiment en construction. Nous avons la chance de rencontrer tous les élèves de l'école dans le bâtiment où se situent les classes ; bâtiment composé d'une seule pièce, la séparation entre les classes se fait par des tableaux qu'ils peuvent déplacer.
Nous avons échangé avec tous les élèves en même temps, environ une centaine de garçons, seulement huit filles et leurs instituteurs, pendant une heure. Il y a peu de filles car l'internat ne reçoit que les garçons. L'échange s'est passé simplement, nous avons d'abord posé quelques questions sur l'école, ce qu'ils voulaient faire comme travail, puis ils nous ont posé à leur tour des questions sur nos familles, la France.
Les enfants reçoivent un enseignement au niveau des langues, principalement le malayalam et un tout petit peu d'anglais, donc il fut difficile de communiquer directement avec eux, soeur Minnelle faisait la traductrice de l'anglais au Tamul et l'instit de Tamul au Malayalam.
Ce fut un vrai bonheur pour nous de voir une petite partie du système éducatif, car cette école ne fait que les petites classes, mais ce fut une grande découverte pour nous et les enfants.
Jeudi 23 Février
Nous partons le matin en Jeep avec le père Lefeuvre, première halte Kunda, Kunda est une ville située dans les Nilgiri Hills à environ 1500 mètres d'altitude. Autour de la ville, il y a des champs de thé et la plupart des gens en travaillent dans ce secteur. Il y a un important groupe de réfugiés du Sri Lanka, dans la ville. Il fait un peu frisquet, sur cette route de montagne, au fil de la route nous avons pu observer les montagnes avec ces villages perdus dans les hauteurs, ces barrages, sa végétation qui évolue tout au long de notre ascension.
Sur Kunda, nous visitons une école, le père Lefeuvre ayant fait construire l'église de la paroisse. Il connaît bien la ville puisqu'il y a vécu pendant près de vingt ans, et il fait beaucoup pour aider à financer de nouveaux bâtiments pour cette école qui s'appelle Sister Alphonsa. Nous avons donc assisté à la bénédiction des fondations d'un nouveau bâtiment dont la construction commençait.
Après Kunda, nous avons continué notre chemin en direction de Ooty où nous avons déjeuné, et après quelques courses nous sommes partis sur le Sanatorium de Wellington. Nous y avons passé une nuit plutôt fraîche, on a dormi avec deux couvertures et très bien habillé...Car Wellington est situé à plus de 2000 mètres d'altitude. Cette ville est connue pour sa base militaire, appartenant à la garde de Madras, un corps militaire réputé en Inde. La construction de cette base, pour l'anecdote, fut ordonnée par la Reine Victoria qui aurait demandé après coup si la garnison avait été construite avec des briques en or, car il avait fallu acheminer tous les matériaux de la plaine, et cela avait coûté une fortune.
Vendredi 24 Février
On descend sur Coonoor qui est situé à 1600 mètres d'altitude. Le temps est frais mais ensoleillé et se réchauffe au cours de la matinée. Coonoor est une petite ville de 50 000 habitants qui est organisée autour d'une gare qui relie Ooty et Mettupalayam, situé au pied des Nilgiri Hills à environ 20 Km à vol d'oiseau à l'est de Coonoor. Le train parcourt les montagnes à l'aide d'une crémaillère, apparemment c'est très sympa, il met plusieurs heures à relier chaque ville. Il y a également une rivière qui sert un peu d'égout, les magasins s'entassent et dans la rue principale on trouve des marchands ambulants de fruits, des papeteries, des photographes, des banques, des magasins de vêtements, des vendeurs de bric-à-brac, des petites épiceries. Tout d'un coup on entend de la musique, flûte et percussion, c'est un groupe de musiciens. On apprend qu'ils jouent pour annoncer un meeting politique en vue des élections du gouvernement de l'état, qui se passe en avril prochain.
Puis nous nous dirigeons vers Kotagiri en jeep qui se situe à 45 Km de Coonoor. on retraverse les champs de thé.
Le soir nous rentrons sur Welligton, où nous attend une fête en l'honneur du père Lefeuvre qui va bientôt rentrer en France. Les élèves du petit séminaire de Wellington, ont préparé un spectacle de cirque, danses et un discours. Des danses de la région notamment de la tribu des Badagas, ont été réalisées avec une grâce majestueuse et des mouvements très rythmés sur la musique. Ca a été un régal pour les yeux.
Dimanche 26 Février
Aujourd'hui nous partons pour Thondai. Le village situé au sud, à une dizaine de km de Mulli. Nous avons préparé le premier cours de couture, le cours est de la couture manuelle, car nous ne pouvons pas déplacer les machines à coudre sur le village.
Des bouts de tissus ont été coupés et vont servir à réaliser des slips à des jeunes enfants. Nous avons peu de matériel, quelques aiguilles, deux bobines de fil, une paire de ciseaux, le tissu pour réaliser les slips et des morceaux de tissus pour que les personnes puissent s'entraîner à réaliser divers points de couture.
Nous allons au village avec le père Lefeuvre, Soeur Mary et soeur Minelle. Nous sommes bien accueillis au village ; Minelle s'occupe de jouer avec quelques jeunes, elle leur fait chanter des chansons à geste en Tamoul, un moment fort en émotion et en rigolade. Mary distribue des médicaments et on lance l'atelier couture. Mary explique aux habitants ce qu'on va faire et 5 femmes et un jeune garçon s'y intéressent, ils réalisent en partie les 2 culottes et s'entraînent à faire des points sur des bouts de tissus. Même si on ne se comprend pas à cause de la barrière du langage, la communication passe par les gestes. Des élastiques et des explications sont données pour finir les culottes.
Le bilan de la journée est très positif, une femme nous a dit qu'elle avait suivi des cours de couture sur Pillur, situé à quelques kilomètres de là, mais ne peut pratiquer par manque de matériel et de moyens pour en acheter. Ces 6 personnes sont prêtes à continuer, la confiance a été installée et elles sont très intéressées. Le cours de Mulli leur a été proposé avec hébergement sur place, une viendrait.
Nous allons partir et arrivons à la jeep, on se rend compte que Mary a disparu.... Après, nous avons su l'histoire, elle a été emmenée par les habitants qui voulaient lui montrer quelque chose. Une télévision a été offerte au village par le gouvernement mais comme c'est rigolo…, il n'y a pas d'antenne et encore moins d'électricité. Nous nous demandons ce qu'en penser. Est-ce pour l'arrivée des élections ? Est-ce pour les statistiques? En tout cas, il n'y a pas de réel suivi du village pour qu'une action telle se soit produite. Mary leur a rédigé une lettre par rapport au manque d'électricité, à la demande des villageois car ils ne savent pas écrire.
Sinon nous avons des nouvelles du chemin qu'ils voulaient pour relier le village à la route principale. Ils sont tous d'accord pour que cette route soit tracée et s'organisent ensemble afin de la réaliser. Voilà, on espère les revoir bientôt.
Lundi 27 Février
Nous sommes partis sur Coimbatore afin de réaliser quelques achats qui vont permettre de pérenniser les projets de couture dans les villages. Du matériel comme des aiguilles, des bobines, des mètres, du tissu, a été acheté. Le tissu servira pour réaliser des chemises d'uniforme d'école et continuer à faire les culottes, shorts...... On a du se débrouiller à trouver les adresses des magasins où trouver le matériel, ce qui a été plutôt plaisant de tout faire par nous même.
Jeudi 2 Mars
Ce matin nous nous sommes rendus au village de Sirukinaru. Mary et Elen ont commencé l'apprentissage de la couture aux femmes du village, 4 femmes se sont réellement investies et une jeune fille et bien sûr comme toujours les enfants se sont intéressés à l'activité. Le bilan de la matinée est donc plutôt positif car deux culottes ont été réalisées par deux femmes et plusieurs mouchoirs par certaines femmes et des enfants. Nous avons laissé du matériel afin qu'elles puissent continuer à s'entraîner. L'ambiance était bonne enfant et très studieuse, mise à part Shivashankar, à qui Florian tenta de montrer la technique de couture, et même Elen essaya mais ce petit diablotin n'était décidé qu'à faire des bêtises.
Malheureusement, les enfants étaient présents, à part une, ils n'étaient pas à l'école. Un éléphant serait passé pendant la nuit et les parents craignant pour leurs enfants ne les ont pas envoyés à l'école située à Athikadavu qui se trouve à trois kilomètres du village.
Nous sommes restés à peu près deux heures et nous pensons qu'il serait bien de retourner au moins une fois par semaine pour continuer à enseigner la couture. Nous avons vu qu'il n'y avait pas une seule paire de ciseaux dans le village. Il est prévu de leur en ramener une. Nous notons tout de même qu'il est difficile de communiquer, la barrière de la langue est très présente. Même si on peut s'exprimer par geste et montrer certaines choses, on voit toute l'importance d'avoir avec nous quelqu'un qui parle Tamoul. La communication est tout de même passée.
Dimanche 5 Mars
Il était convenu que le Father Sabu vienne à Mulli et que nous partions vers un village irulas situé au Kerala, afin d'assister à une fête Hindou célébrant le passage de jeune fille à celui de jeune femme, d'une jeune de 14 ans.
Nous avons pris un bus à Mulli et le voyage dura une heure, puis dans une petite ville nous avons changé pour une jeep. Lors du trajet en bus, nous avons pu observer de nombreuses plantations de bananiers et de cocotiers. Nous avons fini le chemin à pied pour rejoindre le village, ce qui nous a permis de découvrir de magnifique paysage. Le village est isolé, il se situe en haut d'une colline, et il n'y passe aucune route. Il faut donc emprunter des chemins en terre pour y accéder. Sur le bord de ces chemins nous observons des plantations de bananiers, de cocotiers, de jackfruits et de palmiers qui donnent des fruits ressemblants à des noix utilisés pour accompagner les feuilles de Bettel.
Le village compte quarante cinq familles, on suppose qu'il y a aux alentours de 250
habitants à y vivre. Ces personnes vivent du travail de coolies ainsi que de travaux dans les plantations avoisinantes. Les habitants sont nombreux, ils sont habillés de façon correcte mais l'ensemble du niveau de vie et des différentes habitations est bien en dessous de celui de Mulli (par comparaison plusieurs personnes disposent d'une télévision sur Mulli, alors qu'ici, a Kathiranpathy, il n'y en a qu'une seule). Le village est doté d'une école pour les plus petits. Les habitations sont en dur, il y a un bâtiment pour les réunions du village et un autre grand bâtiment ouvert, mais on ne sait pas à quoi il sert. L'eau courante est présente, quelques robinets sont installés dans les "rues". Le gouvernement du Kerala a aidé à l'arrivée de l'eau courante.
Nous avons été accueillis très chaleureusement. Les gens nous parlaient Malayalam, nous ne comprenions pas mais l'accueil par les gestes s'est bien passé. Le father Sabu nous a présentés puis nous sommes allés autour du village pour prendre quelques clichés et découvrir un peu plus les lieux. Cinq jeunes femmes nous ont accompagnés et nous ont fait découvrir le village, une parlait un peu anglais et ce qui a permis une communication plus aisée. Ce moment a été sympathique et nous avons échangé nos noms.
Puis nous sommes retournés à la fête, les préparatifs de la jeune fille ont été longs, mais vers 13h, ça a commencé.
La jeune fille est sortie de la maison familiale et s'est assise sur une natte ; préalablement, des offrandes de nourriture y avaient été déposées. Une personne lui a versé de l'huile sur la main droite et elle a dû se la passer dans les cheveux. Ensuite un plat de riz arrosé de sambhar a été apporté et ses cousins se sont installés autour d'elle. Le rite consistant à prendre une poignée de riz afin de la manger, et ses cousins, un à un, lui frappaient la main afin qu'elle ne puisse pas la manger. Puis une fois tous les cousins passés, elle mangea un peu de riz et en distribua à chacun. Ils finirent tous ensemble le plat.
Ensuite elle retourna dans la maison se changer, elle ressortit 30 min plus tard vêtue d'un nouveau Sari rouge et de tresses de fleurs lui couvrant une grande partie de ses cheveux.
Durant le temps des préparatifs, une petite assiette de sucreries indiennes a été distribuée à chacun des convives, tout le village y était convié ainsi que quelques connaissances, donc ça a fait pas mal de monde.
Apres, la jeune fille s'est rassise sur la natte et son oncle maternela procéda à un autre rite. Il a cassé une noix de coco séchée, il a mis le jus dans un verre, puis en a aspergé la jeune fille et ensuite l'assemblée. Puis il a fait de même avec la chair de la noix de coco. Ce fût ensuite au tour des femmes de sa famille de lui mettre de la poudre jaune et rouge sur le front et les joues.
Après les invités ont donné un cadeau à la jeune fille, elle a reçu de nombreux pots en métal et d'autres offrandes. Lorsqu'elle s'installera avec son époux, elle les prendra, en attendant, ils restent dans sa famille jusqu'à son mariage. La famille est, après, allée voir la maison des ancêtres. Toute la cérémonie suivie par environ 70 personnes, qui allaient et venaient. De la musique venant d'une stéréo résonnait en signe de fête.
Suivant les traditions hindoues, tous les passages importants de la vie sont une fête, même la mort.
Il a été très agréable de découvrir ce village, spécialement par temps de fête, nous avons appris beaucoup et passé un très agréable moment de sourires, rires, vie simple.
Mardi 7 Mars
Aujourd'hui, on est parti pour une excursion au Kerala. Départ 7h20 de Mulli arrivé sur Coimbatore vers 9h36, Florian a pris en note les secondes pour plus de précision, si vous êtes intéressé, le contacter. Il pourra vous donner bien d'autres détails, comme par exemple la longueur de ses cheveux : 5.38 cm.
Trêve de plaisanterie, à Coimbatore on a pris la direction de Udumalapet, puis on a changé en deux secondes de bus pour Munnar, une ville des Cordamome Hills, une chaîne de montagnes située à la suite des Nilgiri Hills, au sud. Le voyage a pris 9h au total. A l'heure ou nous écrivons ces lignes il pleut, il y a de l'orage et nous supportons un pull. L'endroit est haut dans les montagnes. C'est très vert et le paysage est fait de forêt et de plantations de thé, café, cardamome, poivre. Nous découvrirons plus en détail les environs demain.
Mercredi 8 Mars
Le matin nous nous rendons sur Saint Joseph, couvent orphelinat, qui se trouve à environ 25 km de Munnar. Pour nous y rendre nous avons pris un Rickshaw, afin d'admirer les montagnes avoisinantes et les nombreuses plantations de thé. Il faisait frais.
Arrivés là-bas, nous avons été accueillis par une soeur qui nous à fait découvrir l'orphelinat, ils accueillent environ 150 enfants. En fait, ils n'accueillent pas d'orphelins mais des enfants dont le domicile familial est situé trop loin de l'école, de plus il y a des risques avec les éléphants sauvages présents dans les environs. Les enfants sont nourris et logés, ils ont un endroit pour faire leurs devoirs, un dortoir, une salle de récréation et une cantine, il y a environ 50 garçons qui vont jusqu'en classe de 4eme (CM1) et 100 filles qui vont jusqu'à la 10eme (2nde). Les garçons, après la 4eme doivent aller dans une autre école située sur Munnar. L'orphelinat fonctionne avec des dons privés et publics, l'Etat du Kerala participe aux frais à hauteur de 250 roupies par enfant, par an. La visite a été intéressante, nous avons pu voir l'organisation d'un orphelinat. Nous avons également appris que le gouvernement du Kerala, qui est communiste aide à la scolarisation des enfants. C'est une des priorités du gouvernement de donner une éducation à tous. En effet l'école et le transport pour s'y rendre y est gratuit jusqu'à la 10eme, cependant l'école n'est pas obligatoire.
Nous avons profité ensuite de faire une petite balade et de découvrir les plantations de cardamome, de thé, l'école du village, de luxueux hôtels pour touristes qui veulent profiter de la beauté du paysage, de la fraîcheur du climat et des sites aux alentours.
Au retour, nous avons la chance de prendre le bus. Arrivés sur Munnar nous visitons un musée de thé, haut lieu touristique, plutôt intéressant. Dans le musée, il y a l'explication du travail du thé, de la récolte au stockage des jeunes pousses vertes, jusqu'au thé en sachet, en poudre ou en gros. Le musée renseigne également sur l'histoire de la region depuis 2000 ans et l'histoire de la première utilisation du thé en Chine en 2637 av J-C. Si vous voulez connaître l'histoire du thé, consultez une encyclopédie, on va pas tout vous dire non plus, ou sinon venez visiter.
Ensuite, nous nous sommes dirigés vers un point de vue situé au sud de la ville, où nous visitons un champ de cardamome, de thé, de café, c'est sympa, on prend de superbes images. Les plantations sont situées même sur les pentes les plus raides de la montagne, un peu de terre suffit.
On a failli assister à un tournoi de foot régional qui est retransmis le soir sur une chaîne locale. Mais nous décidons de découvrir la ville avec son marché, sa mosquée et...... ses fougères. Petite dédicace aux bretons, même les hortensias et les fougères poussent ici. Peut être que le thé pousserait en Bretagne. Nous essayerons de ramener un plan de thé afin de faire des essais, ça devrait passer dans le sac.
Jeudi 9 Mars
Départ de Munnar à l'aube, direction la ville de Kottayam qui se trouve dans les back-waters. On descend les Cardamon hills qui sont très vertes, on dit au revoir à toute la fraîcheur bien agréable qu'on ne devrait pas retrouver de sitôt. Le chemin est très verdoyant et la végétation y profuse, même en arrivant en bas dans les plaines, on observe beaucoup de vert et notamment des arbres à gomme (caoutchouc).
Vendredi 10 Mars
Le matin, lever de bonne heure pour prendre le ferry de 7h00 qui relie Kottayam à Allapuzah. Des canaux relient ces 2 villes situées dans les backwaters. Le ferry parcourt pendant 2 heures des canaux larges d'une trentaine de mètres, d'autres juste d'1 mètre, et quelques fois, on débarque dans des grandes étendues d'eaux.
Le ferry passe dans les plus larges en s'arrêtant à presque tous les pontons se jetant dans le canal. Le ferry est une sorte d'autobus des eaux. Les indiens le prennent pour aller à leur travail situé non loin des canaux, on voit y monter comme ça des pêcheurs, des écoliers.....
Le paysage est magnifique, les canaux sont bordés de cocotiers, bananiers et on aperçoit derrière ceux-ci, des rizières.....
Comme il est tôt, on a la chance de voir les habitants se réveiller, les maisons se vident et laissent leurs occupants se laver les dents, se baigner, faire leur vaisselle. Plus tard, on voit sur les plus grandes étendues d'eaux, des pêcheurs en barque de bois jeter leurs filets ou bien pêcher à la ligne du bord de l'eau. On en voit pas mal. La vie, ici est assez riche du fait de la profusion d'eau qui permet des récoltes abondantes et la pêche du poisson, donc la nourriture ici est présente en grande quantité, divers poissons pêchés, noix de coco, riz, bananes, pleins d'autres légumes et des épices venant des montagnes avoisinantes. La pauvreté est présente, mais nous l'avons trouvée moins importante que dans nos voyages au Tamil Nadu et dans le nord.
Toutes ces scènes se passent sous un lever de soleil, c'est magnifique.
On arrive sur Allapuzah quelques 2 heures plus tard, une trentaine de kilomètres séparent les 2 villes, le bateau est assez lent, mais tant mieux car cela nous a permis de profiter largement du spectacle.
Juste avant d'arriver dans les canaux de la ville d'Allapuzah, on aperçoit des sortes de maisons qui flottent, ce sont des bateaux-maisons (house-boat), ils sont construits avec un matériel ressemblant à de l'osier, elles sont de 4 a 6 mètres et longues de plus de 10 mètres. A bord de ces maisons flottantes, il y a une ou plusieurs chambres, une cuisine, une terrasse devant pour admirer la splendeur du paysage, et parfois il y a même un étage. Ces embarcations proposent aux touristes, ayant quelques moyens, de relier Kollam, situé à 80 km au sud sur la côte, à Allapuzah. Ces bateaux sont magnifiques et permettent de faire ce trajet à diverses allures, soit 24 heures ou plusieurs jours. Ces bateaux sont d'une splendeur majestueuse, voir photos.
Durant la journée, on se promène dans la ville, qui est peu importante, environ 150 000 habitants, et vit grâce au tourisme et notamment de ces maisons flottantes.
La ville est concentrée autour de deux canaux. Du côté du canal nord, se trouve un temple hindou assez sympa, on ne peut y entrer mais vous en transmettons une photo.
Samedi 11 Mars
Ce matin, nous avons décidé de reprendre le ferry entre Allapuzah et Kottayam afin de revoir les magnifiques paysages des marais de cette région. Nous prenons le premier qui part à 7h30. Le ferry est bondé, beaucoup de gens le prennent pour aller au travail. Les paysages sont toujours aussi magnifiques et nous observons à nouveau le réveil des Backwaters mais dans l'autre sens cette fois. Nous observons également le transport de personnes sur de plus frêles embarcations, d'environ un mètre de large et 6 mètres de long. Les bateaux ont parfois des moteurs, sinon les occupants rament ou bien les poussent à l’aide de perches en bambous. Ces longues barques sont utilisées pour naviguer et également pour pêcher, les pêcheurs vont dans les lacs, y jettent leurs filets et plongent pour les repêcher.
Sur Kottayam nous décidons de retourner sur l’observatoire d’oiseaux de Kamarakom et de prendre le temps afin d’observer. L’observatoire est en fait un simple chemin qui traverse de nombreux petits canaux des backwaters et longe un lac, on peut y observer des grues, des aigrettes, des cormorans, et bien d’autres espèces venues migrer de l’hémisphère nord pendant la saison d’hiver. On y observe également un grand nombre de papillons, lézards et libellules….. La visite est très agréable, comme une ballade sous les arbres.
Puis on retourne à Allapuzah par le ferry de 3h30 qui n’est pas plein à craquer comme le matin, on voit sur l’eau plein de canards et même un col vert.
Panique à bord lorsqu’on se rend compte que le ferry ne prend pas le même chemin qu’à l’aller……. Mais c’est une fausse alerte, il s’est rallongé pour prendre plus de monde.
En arrivant on décide de se rendre à la plage qui est située à 4 kilomètres du centre, afin de voir le coucher de soleil. Quand on y arrive, le soleil est déjà parti, mais il est agréable de faire trempette, l’eau est chaude et l’air marin. On y voit pas grand chose, on laisse la plage derrière pour nous en retourner, on reviendra peut-être une autre fois.
Sur le chemin du retour on observe que les magasins ont commencé à fermer, il est 20h30, par contre les plus grands sont déjà clos depuis quelques temps. On observe également l’absence ou la présence très minime de femmes à cette heure un peu obscure.
Dimanche 12 Mars
Ce matin, après une grasse matinée qui a duré au moins jusqu’à 8h00, lever 10h00, nous sommes repartis vers la plage que nous avions vue la veille au soir.
On se rend compte que c’est superbe, on prend un petit café tramquillou, histoire d’émerger, et puis on s’asseoit sur la plage afin de manger, en guise de petit déjeuner nous avons quelques bananes et des gâteaux secs. On observe au loin les bateaux de pêcheurs, un groupe de jeunes indiens qui se baignent, c’est la première fois qu’on en voit se baigner. Et là, un truc génial se passe….. ils viennent nous demander l’heure et entame la conversation, les questions habituelles : Comment vous appelez-vous? D’ou venez-vous? Elen leur donne quelques centimes d’euros pour leur montrer notre monnaie, on discute, on leur demande leur noms, âges, on apprend que la plupart sont en classe de 8eme (4eme) et ont 14 ans, 2 d’entres eux travaillent déjà, ils ont 15 ans, ils travaillent dans des fabriques de tissus. Ils nous demandent nos jobs et au cours de la conversation nous expliquent qu’un peu plus loin il y a un temple et là bas se déroulent des festivités pour quelques jours. Hier au soir, s’y déroulait un spectacle de Kathakali, et que beaucoup de familles hindoues du quartier s’y sont rendues, les festivités continuent aujourd’hui et ils se proposent de nous y emmener. Heureusement la compréhension est facile, ils se débrouillent tous en anglais. Ils nous disent qu’ils habitent les environs, leurs pères exercent les métiers de pêcheurs, tailleurs, marchands, vendeurs dans une petite boutique et conducteurs de rickshaw. Les revenus de chaque famille n’ont pas l’air important.
On longe la plage pendant quelques minutes puis rentrons ensuite dans de petites ruelles, on est dans un des quartiers d’Allapuzah, le quartier est populaire, les habitations ne sont pas grandioses mais toutes sont faites de pierres ou de parpaings ou de briques. Les rues sont très étroites et un 4*4 ne pourrait pas y passer. Les gens et plus particulièrement les enfants nous saluent à notre passage, nous demandent nos noms, d’où on vient.
Peu après, nous débouchons sur une large place où se trouvent une scène, des guirlandes, et un temple hindou très décoré, notamment de trois vaches et de dorures en haut, beaucoup de personnes sont présentes et installées sous des décorations-parasols, elles sont venues partager ensemble un repas traditionnel du Kerala, offert par le temple pour les festivités. Les enfants sont très fiers de nous faire découvrir tout ça et c’est super sympa de voir ça, à l’improviste.
Nous sommes invités à rester manger au repas par les enfants et un homme, mais nous ne pouvons rester, nous devons partir sur Kochi en début d’après-midi. L’ambiance est très festive. On demande s’il n'y a pas un rickshow dans le coin, ils nous en dégottent un ; avant de le prendre, on passe à la maison d’un des enfants qui partage la maison familiale avec ses parents, frères et soeurs, grand-mère et cousins. Il y a un échange rapide, ils regardent le cricket à la télévision, on prend quelques photos et on se fait réinviter au repas du temple.
Tout ceci est encore très sympathique, juste avant d’arriver au rickshaw, les enfants nous demandent de parler malayam, malheureusement on connaît tout juste 2 mots de tamoul, qui y ressemblent, ils profitent alors pour nous apprendre quelques mots, mais on les a déjà oubliés.
Puis nous nous dirigeons vers la gare routière, nous sommes très contents d’avoir partagé un moment comme celui-ci, un moment très simple et naturel avec la population, ça a été génial et ceci est arrivé par les enfants qui abordent facilement.
Nous arrivons sur Kochi et en profitons pour nous promener sur la "promenade des anglais" de la ville, un lieu très fréquenté par les indiens, des familles et bandes d’amis, il y a beaucoup de marchands ambulants, de glace, cacahuètes, divers fruits…. Il y a beaucoup de bateaux qui sont reliés par de frêles pontons à la terre, ces bateaux proposent des tours dans les îles des environs de Kochi.
Nous assistons à un magnifique coucher de soleil. (voir photos).
Lundi 13 Mars
Après avoir passé une matinée tranquille, nous avons assisté à une représentation de Kathakali. La séance commence à 5h30 par le maquillage des acteurs qui est très impressionnant. On observe entre autre la préparation des couleurs et du collage des morceaux probablement de papier sur les joues, puis sur une partie de l'habillement de l'acteur en costume traditionnel. Les artistes font tout eux-mêmes, c'est un travail de grande précision. Pour faire la jupe bouffante ils utilisent des sacs de riz vides et pliés, un bon système "D". Ensuite nous avons eu le droit avant la représentation à une petite démonstration musicale avec des petites timbales, percussions frappées avec des baguettes recourbées et un chant. Juste avant le spectacle, ils ont expliqué les neuf expressions du visage utilisées dans le Kathakali ; et les 24 signes de la main qui sont combinés pour raconter une histoire.
Puis, ils ont exercé leur art et réalisé un bout d'une piece de théâtre. L'histoire se passe au royaume des dieux et met en scène un prince et une jeune fille qui en tombe amoureuse...
L'histoire est rythmée par le chant, cymbales, percu, le bruit des pas des acteurs qui frappent le sol avec la tranche de leur pied, aie! et le bruit des grelots se trouvant sur leurs chevilles et genoux. Les acteurs sont habillés de couleurs vives notamment de rouge et l'acteur jouant le rôle du prince est revêtu d'une coiffe qui brille comme l'or. (Voir photos). C'est splendide.
On a remarqué qu'il n'y a pas de femmes sur scène, des hommes jouent les rôles de femmes. Pour pratiquer le Kathakali il faut étudier de nombreuses années dans des écoles spécialisées, notamment dans une école sur Trissur. Le Kathakali est un art qui est né au Kerala, les acteurs se réunissent en troupes et vont de village en village pour donner des représentations le soir, qui durent de longues heures et peuvent s'étaler sur plusieurs soirées.
Mercredi 15 Mars
En allant faire développer quelques photos, je (Elen) me suis arrêtée prendre un thé dans une petite échoppe de quartier et puis j'étais affamée donc j'ai pris quelques spécialités qu'ils vendaient. Derrière le comptoir de ce que l'on peut appeler une boutique, des personnes mangeaient des thalis, buvaient des thés. Les gens étaient installés sur une petite table calée contre le mur, en largeur une assiette passait, et on pouvait mettre quatre personnes. La table etait située dans la "cuisine" qui n'était pas ce que l'on peut trouver de plus propre. Mais, l'ambiance y était très agréable et la nourriture simple, badji oignon et autres petites fritures était très bonnes, les gens ne parlaient que très peu anglais et était très sympathiques, bon vivant.
Le soir nous avions rendez-vous chez la soeur du Père Sabu, un prêtre des alentours de Mulli. Elle habite avec sa famille dans un endroit appelé Kalamassery, près de Kochi. On a pris le bus pour y aller, l'ambiance toujours aussi bonne, Florian a discuté avec diverses personnes qui lui demandaient d'où il venait et comment il trouvait l'inde.
Nous sommes descendus au milieu d'un endroit que nous ne connaissions pas et un peu perdu. Quelqu'un ayant stoppé au même arrêt que nous, nous aida et nous prêta son téléphone, très courtois. Par téléphone, nous sommes arrivés à dire où nous étions et la personne chez qui nous allions est venue nous chercher.
Bref, nous sommes accueillis par Joshy Paul, sa femme et leurs deux enfants à bras ouvert. Après leur avoir fait part de notre souci de logement, ils se proposèrent de nous héberger pour la nuit. Nous avons passé la soirée entre discussions sur l'Europe, l'Inde, nos professions, la politique, l'éducation, un peu de tout et de rien. Leur fils de neuf ans nous sort tous ses bouquins scientifiques et géographiques et on remarque que ces livres sont plutôt avancés pour un bout de cet age, apparemment ce serait en partie des livres d'école. On se dit que l'éducation est bien avancée ici, même s'il va dans une école privée qui serait apparemment l'une des meilleures de la region, l'éducation au Kerala est gratuite jusqu'à 14 ans. Et même si l'école n'est pas obligatoire, les gens y envoient leurs enfants et se rendent compte de son utilité.
Au Kerala le taux d'alphabétisation avoisine les 80% et est le plus élevé d'Inde. Paul, le fils, parle correctement l'anglais à l'age de neuf ans. Nous passons un très agréable moment en sa compagnie, il nous montre quelques pliages et je m'amuse comme une folle à faire des avions super-réaction, des grenouilles qui sautent, ballons et oui en papier....
Les femmes préparent la cuisine, surtout sa femme et sa fille, elles sont expertes en toutes sortes de choses, dosai, chutney coco, massala, sambhar, putu. Et j'ai même le droit d'essayer, alors qu'ailleurs on m'a dit non, c'est bon, on va s'en occuper, va t'asseoir et relaxe toi. Donc j'ai la chance de réaliser un dosai, à base de farine de riz, autres farines, et un peu d'eau, le tout laissé à fermenter au frais, le dosai est une sorte de crêpe de 3mm d'épaisseur, c'est délicieux. On passe une agréable soirée et
Jeudi 16 Mars
Levés de bonne heure, vers 6h00. Tout le monde se prépare pour partir à l'école ou au travail, les femmes préparent le petit déjeuner, alors que les hommes et la grand-mère lisent le journal ou bien un livre, et se préparent à partir.
J'ai encore la chance de voir la cuisine. Le petit déjeuner c'est dosai, chutney coco et putu à la vapeur, le putu est un peu de farine de riz, noix de coco râpée, et un peu d'eau. Les hommes et nous, mangeons alors que la mère et la fille continuent à préparer à manger, elles mangeront après.
Nous prenons ensuite le bus pour Trissur. Le bus met quelques 2h à arriver à la gare de Trissur. Puis on se dirige vers le centre et un gars travaillant à la station de bus nous dégotte un Rickshaw et nous donne quelques indications sur la ville, super sympa, on va retrouver le gars sur la gare, tout au long de notre séjour à Trissur et il nous aidera. Apres s'être posés quelque part, nous partons direction le musée du gouvernement qui se trouve à quelques pas (on pensait), de là où nous logions. On passe par une place géante qui est le centre de la ville et héberge un temple qui est assez grand. On n'y entre pas mais le contourne et on a la chance d'y voir des éléphants (gentils) domestiques. Ils sont utilisés par le temple pour les processions, pour bénir les gens, nous pensons y revenir plus tard. Nous prenons la direction du musée qui en fait s'avère être assez loin. Le musée est sympathique et beaucoup d'indiens s'y rendent. C'est en fait un zoo qui renferme des espèces vivantes des environs de l'inde et quelques espèces importées comme l'hippopotame. On a la chance de voir des lions, des antilopes Sambhar, des dains tachetés, des ours himalayens, crocodiles, bisons himalayens... Les personnes n'ayant pas peur des reptiles ont un petit entrepôt destiné à elles et leurs amis les reptiles et notamment une belle collection de cobra.
On visite également une vielle demeure abritant une collection d'objets retraçant l'histoire de la ville, des alentours et du sud de l'inde.
Sur le chemin du retour nous avons trouvé un "Khadi", des produits fabriqués artisanalement dans les villages et qui sont ensuite vendus dans ces magasins gérés par l'état, garantissant des prix fixes, des rémunérations justes pour les artisans, tour ceci a été lancé par Gandhi.
On y a fait quelques achats. On y trouve des tissus, des objets en bois, de l'encens, des objets décoratifs...